Un des ensemble mégalithiques les plus connus du département, au milieu de la Hague :
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Galerie Couverte de Vauville. Elle a été souvent visitée et décrite. Elle est placée au haut d’une montagne, en face de la mer, au milieu d’une lande et à quelque distance N.O. de l’ancien prieuré de Saint-Hermel. Les points de vue qu’on découvre de cette montagne, sur les falaises de Flamanville et sur celles de Jobourg, sur les mielles et les dunes de sable de l’anse de Vauville, sur la mer et sur ces îles ravies à la France, sont fort beaux : rien de plus pittoresque. La galerie est sur un terrain uni et sans pierres. Au N., à quelque distance, il y a un rocher qui a pu fournir les pierres des deux lignes de jambages qui sont de quartz grenu. Pour celles du toit, qui sont de granite, de la côte N. de la Hague, on ne peut douter qu’elles n’en aient été apportées soit par eau, soit par terre.

Un semblable transport que je n’ai observé à l’égard d’aucun autre monument druidique du département, annonce bien que cette galerie était un monument religieux. Quel autre motif que la superstition, a pu engager les Gaulois à aller chercher au loin et avec tant de peine des pierres pour ce monument, tandis qu’un rocher voisin leur offrait sous la main des matériaux prêts à être employés ? Les pierres du toit ne sont ni taillées ni polies : d’ailleurs un motif religieux ne permettait pas de tailler les pierres érigées, qui devaient être toutes brutes. Aussi, presque toutes les pierres druidiques ne présentent aucune trace du ciseau, ni même du marteau.

La galerie de Vauville se nomme les roches-pouquelas ou les pierres-pouquelées, c’est à dire, des pierres qu’on adore, devant lesquelles on se prosterne, suivant l’étymologie celtique données par M. de Gerville. Un monument druidique de l’île de Jersey a le même nom. La tradition porte que cette galerie a été faite par les fées, qui en ont apporté les pierres sur leur tête. Un vieillard me dit aussi avoir ouï racontee qu’on allait autrefois faire ses prières près de ces rochers.

Cette galerie est orientée à peu près du N. au S. (et exactement du N.N.O. au S.S.E). Sa longueur actuelle dit M. de Gerville, est d’environ 40 pieds ; mais il paraît certain qu’elle se prolongeait au-delà vers le midi. Sa largeur intérieure est de 3 pieds 1/2 et sa hauteur intérieure d’environ 4 pieds. Son extrémité N. est fermée par une grosse roche de quartz grenu, ayant une figure cubique, et mise en travers, tandis que l’autre est ouverte.

Les deux rangs de jambages ont beaucoup souffert : presque la moitié ont disparu. Une partie de ceux qui restent ont été poussés du haut, soit en dedans, soit en dehors de la galerie. On y compte encore une vingtaine de jambages, plus ou moins gros.

Les pierres plates et allongées du toit, ne se trouvent plus qu’au nombre de 6 ou 7 ; leur longueur varie de 5 à 7 pieds 1/2. Elles ne sont plus en place, excepté une seule, posée au bout S., et qui est encore bien de niveau. Au-dessus de cette grande pierre qui est arrondie, on voit une espèce de fossette circulaire. Une autre à moitié renversée, placée vers le bout N., présente aussi à sa surface supérieure et arrondie, une fossette allongée, peut-être faite de main d’homme. Enfin, une grande roche de granite, aplatie, placée sur la terre, dont une partie a été éclatée, mais qui paraît avoir eu une figure ovale, se remarque proche un des rangs de jambage ; le dessus en est fort uni et de niveau. Cette pierre serait-elle de la nature des tables, ou bien aurait-elle été jetée au dessus de la galerie ?

A environ 30 mètres au S. de ce monument, on voit 2 roches de quartz et une de granite, à moitié enterrées ; un tronçon semi-cylindrique d’un bout de colonne en granite se trouve encore en ce lieu

 

in Pierre Lefillastre 1833 Annuaire du Département de la Manche

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