Le Trou Baligan a été malheureusement détruit à l'explosif suite à la construction de la centrale nucléaire de Flamanville en 1978. Plusieurs légendes courent sur cet endroit  :

 

Trou-Baligan.jpg"A environ une demi-lieue au nord du dolmen de Flamanville et à pareille distance du port de Diélette , on trouve une caverne naturelle, creusée sans doute par les eaux, nommée le trou-baligan, dont l'entrée est au niveau de la mer, qui y monte quand elle est pleine. Elle est étroite, tortueuse, et, dit-on, fort longue, mais elle n'a rien de curieux. Elle se prolonge ainsi dans l'intérieur d'une énorme falaise isolée. On raconte que cette grotte est le séjour des mauvais génies et des lutins. Les oiseaux de mer et les chauves-souris en sont les seuls habitants."

(Pierre Lefillastre, Description des Monuments Druidiques de la Manche, 1833)

 

La tradition religieuse y a ajouté un hôte plus inquiétant...

 

"Autrefois le diable fréquentait une grotte normande : celui qui s'aventure dans le Trou Baligan qui s'étend, dit-on, jusque sous l'église de Flamanville, y trouve une table magnifiquement servie, mais s'il a le malheur de s'y asseoir, le diable survient et l'enlève."

(Claude Seignolle, les Evangiles du diable selon la croyance populaire, 2001, p.153)

 

Mais la légende la plus célèbre de l'ancienne mine de fer reste celle de St Germain et le dragon, rapportée ici par Adolphe Laurent Joanne en 1866.

 

Dans ces belles falaises s'ouvrent plusieurs cavernes dont la plus importante est le Trou-Baligan. a Cette grotte, dit M. Ragonde [Mémoire sur les antiquités celtiques de l'arrond. de Cherbourg) a été évidemment formée par les dégradations successives d'une partie de terre sablonneuse qui se trouvait entre deux couches de roches granitiques de la falaise. Elle s'avance par-dessous la terre jusqu'à près de 100 met. L'entrée, d'abord étroite, s'élargit et parvient à près de 2 met. de largeur; mais elle finit bientôt par n'être plus qu'une fissure trop étroite pour y pénétrer. La hauteur de la caverne est de 17 ou 20 met. Quand on pénètre dans cette grotte, on éprouve un certain sentiment d'effroi ; d'abord en voyant au-dessus de sa tête, collés dans le sable de la voûte, d'énormes blocs de granit semblables à ceux qui pavent le fond de la grotte; ensuite, par un singulier effet d'optique, en voyant les flots de la mer qui s'avancent en lames furieuses comme pour vous engloutir dans cette caverne. A 30 ou 33 mètres de profondeur, des blocs, tombés d'en haut, ont encombré le passage, de telle sorte qu'il est difficile de les franchir sans une corde.

 

Un gigantesque serpent, raconte une légende locale, avait établi sa demeure dans le Trou-Baligan. Afin qu'il fit moins de ravages, les habitants du pays consentirent à lui porter, chaque semaine, un de leurs enfants pour sa nourriture. Cette redevance leur fut longtemps imposée. Enfin, Saint Germain arriva d'Angleterre, glissant à la surface des ondes, porté sur une simple roue de chariot. A l'approche de ce libérateur, les habitants poussèrent des cris de joie, et le lieu où descendit le saint personnage prit le nom de Diélette, en latin dies lœta, jour heureux. Saint Germain s'avança vers la grotte pour combattre le dragon, mais un seul regard du saint changea le monstre en un énorme rocher, où sa figure fut imprimée. (Adolphe Laurent Joanne, Itinéraire général de France : Normandie, 1866)

 

Il existe plusieurs variantes sur le sort du dragon (ou du serpent), toutes vont dans la même signification des légendes qui montrent un culte païen supplanté par le christianisme (vers le Vème siècle de notre ère). Certaines versions parlent enfin d'une pierre au serpent, gigantesque mégalithe à l'intérieur de la grotte, mais celui-ci, détruit depuis pour être utilisé dans la construction du château de Flamanville, était plus vraisemblablement plutôt situé ailleurs

 

Un site très complet sur cet endroit : http://www.flamanville.fr/temps-libre/patrimoine/le-trou-baligan/

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