Près de Bricquebec se trouverait l’emplacement légendaire de la ville souterraine de Brémont. Une ville extraordinaire où des richesses fabuleuses attendent l’explorateur. Mais pas qu’elles....

 

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On retrouve quelques traces de tradition indiquant qu’il y avait une ville souterraine non loin de Bricquebec. Pierre Lefillastre, en recueillant les traditions orales au XIXème, en fait mention dans l’Annuaire de la Manche 1833

 

"Nous avons ici, près du bourg de Bricquebec , une montagne nommée Brémont. Une ville du même nom existait en ce lieu ( je n’ai pu trouver aucune trace de cette ville imaginaire ). Certaines personnes prétendent que la montagne renferme des cavernes où de riches trésors sont gardés par une truie qui vomit des flammes. Un Italien , dit-on , voulut forcer ce sanctuaire ; mais il fut obligé de quitter prise, à la vue des monstres qui l’assaillirent."

 

in Pierre Le Fillastre, de Bricquebec, Superstitions populaires du canton de Bricquebec et des communes voisines, Annuaire de la Manche 1832

 

Il fut repris peu de temps après par Amélie Bosquet :

"Près du bourg de Bricquebec , est une montagne nommée Brémont ; la tradition rapporte qu’une ville du même nom existait en ce lieu. Des cavernes, ajoute-t-on, sont creusées ( dans la montagne, elles renferment d’immenses trésors gardés par une truie qui vomit des flammes. Un Italien entreprit de combattre cette sentinelle d’une nouvelle espèce, mais il eut affaire à si forte partie , qu’il se vit contraint de se retirer honteusement. " in Amélie Bosquet La Normandie romanesque et merveilleuse, 1845, Techener Editeur

 

Si on n’a pas encore trouvé où était la colline de Brémont (à vérifier sur les cartes locales), une autre hypothèse a été proposée pour identifier l’entrée du souterrain qui y mène :

 

En 1979, René Letenneur nous dit que " près de Bricquebec (M), un énorme monolithe était défendu par une grosse truie satanique " (Magie, Sorcellerie et Fantastique en Normandie, Ocep 1978)

 

Il s’agit des Grosses Roches, sur la commune de Rocheville. On y trouve des roches qui ont donné leur nom à la commune, et des traces anciennes d’occupation puisqu’on y comptait deux allées couvertes dont une encore visible.

Beaucoup de traditions y tournent autour des fées, et des cachettes entre les rochers où elles vivent, traces de traditions païennes dont la truie vomissant des flammes est une réminiscence.

 

Voici ce que nous dit Didier Audinot à ce sujet :

"Autour de Bricquebec, cette fois dans le département de la Manche, les souterrains-refuges ont une origine plus récente, mais constituent en revanche une réalité. Ils auraient été dit-on façonnés par les habitants du village initial au temps des premiers raids vikings en Normandie, et auraient resservi pendant la guerre de Cent Ans et au temps des guerres de Religion. Pour la plupart, ils sont centrés autour de la colline dite des Gros-Rochers, et passent tous pour receler de petits trésors cachés là par les réfugiés" in Didier Audinot, Chasses aux Trésors en Normandie, Editions Charles Corlet.

 

Alors existe-t-il toujours des souterrains autour de Rocheville ? Contiennent-ils réellement des trésors cachés là pendant la guerre de Cent Ans ?

 

(photo © Christian Caillot)

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