La religion tenait une grande place dans la vie de nos ancêtres normands au XVIIème siècle, rythmait les saisons, les fêtes réglaient le travail et ses pauses. Malheur à celui qui ne respectait rien, il risquait le pire. Dans les cahiers paroissiaux de Barfleur, le vicaire Grancher raconte comment l'un de ses paroissiens qui s'est moqué de lui et de ses remontrances fut sévèrement puni. La morale est sauve, il fut pardonné juste avant de mourir...

     Merci à Jean-Marc Raoult pour nous avoir déniché (et déchiffré) cet acte de sépulture hors du commun, et à Jean-Pierre Enault pour ses corrections.

Registre paroissial de Barfleur 5 Mi 1360 – 1626-1639, 1640-1644, 1647-1673 (1626-1673)

 

Vue 156/202 droite

En l’an mil six centz soixante et quattre

Le neufième jour de may translation du grand St

Nicolas Evesque de Myre patron de Barfleur.

Vincent Diguet fermier de Mre Jullien Bernard

chirurgien en sa maison du pont le ho, sestant

moqué et raillé de la correction que luy feist

Mre Gille Peniton père et vicaire dud[ict] lieu

de ceque il transgressoit la feste en chariant

du vray1 sur son cheval par devant la grande

rue dud[ict] Barfleur et qu’il causait du scandale.

Led[ict] Diguet ayant mesme faict quelque sorte de

mespris du St et de la feste, avant qu’il fut

arrivé au pont le ho fut pris de tranchez2 de

ventre si violentes qu’il mourut le lendemain

Dieu luy ayant neantmoins fait la grâce de se

reconnoistre et de demander pardon de son péché

Ψe Grancher

: du vray = du bray = du varech, de la boue, de la fange.

2 : tranchez = coliques

Retour à l'accueil